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La récupération religieuse des fêtes païennes (2e partie)

2ème partie - Communiqué de la Présidente Cécile SARRAIL


IV- Mardi gras et Carnaval.

Date de célébration : le Carnaval s’étend théoriquement de l’Epiphanie au mercredi des Cendres, mais il atteignait jadis sont paroxysme lors du repas du Mardi gras. La date ce mardi gras varie en fonction de la date de Pâques.

Signification chrétienne : l’existence du mardi gras est liée au carême et à la fête de Pâques. Le carême, qui vient du latin quadragesima (quarantième jour), désigne la période de 40 jours avant Pâques, consacrée au jeûne. La Bible raconte que Jésus s’est retiré dans le désert jeûner pendant 40 jours, au milieu des bêtes sauvages, servi par les anges et tenté par le diable... Il commence le lendemain du Mardi gras et se termine avec la célébration de Pâques. L’expression de carnaval, quant à elle, est dérivée de l’expression latine, carnem levare (renoncer à la viande) : c’est le dernier jour où l’on mange gras avant la période d’abstinence. Tandis que le Carême fait appel à la spiritualité de l’homme, Carnaval s’adresse à son être charnel, pétri d’instincts et de passions.

Un héritage ancien et quasi universel : dans toutes les régions du globe qui ont un climat au rythme différent, l’Homme fête le réveil de la nature, et illustre par des rites la lutte du printemps contre l’hiver entre le solstice d’hiver et l’équinoxe du printemps Il s’agirait de la racine "matérielle et existentielle " de la plupart des mythes, religions et formes de pensées plus ou moins symboliques développées par l’Homme, pour exprimer la lutte de la lumière contre les ténèbres.

L’héritage antique : les premières manifestations sont liées aux cultes agraires de l’Antiquité et fêtes en l’honneur de Dionysos qui avaient déjà un caractère d’orgies (Bacchanales). On peut aussi voir un rapprochement dans la célébration des Lupercales, Saturnales romaines (que l’on développera plus loin), des fêtes d’Isis en Égypte ou de la fête des sorts chez les Hébreux. Ces fêtes se rattachaient aux traditions religieuses de la plus haute Antiquité. Elles célèbrent le passage de l’hiver au printemps, de la mort à la vie : elles signalent le renouveau de la nature dans l’exubérance, la fantaisie et l’imagination. Dans l’Antiquité, les dieux faisaient et défaisaient les saisons. Au cours de ces fêtes, on procédait à des sacrifices. L’objectif était que les divinités de la nature chassent le froid et favorisent le retour de la végétation ou, par exemple, les naissances dans les troupeaux. On note aussi que pour les Anciens, l’année débutait non en janvier, mais en mars. Le mois de mars était donc le premier mois de l’année, celui du renouveau de la nature et du réveil de la terre. Or, avant toute nouvelle création, le monde doit retourner au chaos primordial pour se ressourcer.

L’héritage celtique : basée sur un calendrier lunisolaire centré sur les solstices et équinoxes, l’année celte fait du 1 au 10 février une période intermédiaire de fête et de sacrifices entre deux saisons : c’est Imbolc, la fête de la renaissance (que l’on a vu au moment de la chandeleur). En même temps, le culte de l’ours pratiqué de la Hongrie à l’Irlande, fait du début février, avec la sortie d’hibernation de l’ours, le signe du réveil de la nature. Divers rites favorisent la victoire de la lumière sur les ténèbres de l’hiver. D’abord il faut se purifier, expulser les esprits, brûler les sorcières "réelles" ou fictives dans un feu de joie, ou brûler des effigies de rois légendaires et géants. Parfois ces géants d’osier semblent avoir été remplis de victimes humaines ! Par ces prisonniers ou criminels sacrifiés, on expulse le mal, comme plus tard on brûlera des chats à la place du diable. Ensuite, c’est la fête des jours gras : on peut épuiser les dernières réserves pour honorer "Bélénos le lumineux" et " Belisama" la féconde ; le printemps s’annonce. L’union des dieux préside à de nombreux mariages avant les labours. La naissance des premiers agneaux et la lactation des brebis améliorent l’ordinaire pour fêter la fécondité de la nature. Hommes, femmes, enfants se déguisent en divers animaux ou se couvrent de feuilles pour représenter les forces naturelles, " l’homme vert ". Par les masques, on symbolise toutes les formes de vitalité ou de puissance, par les torches et brandons on illumine ses espoirs. Les rois ou chefs de l’année précédente sont contestés et abdiquent pour quelques jours. Un souverain factice dirige les rites de fécondité et les jeux, et met un tel désordre qu’il faut sa mort plus ou moins réelle pour que "tout rentre dans l’ordre".Tuer un dieu ou un roi, un fils de roi ou un fils de dieu, permet la transmission magique de la force et du pouvoir et la renaissance de la lumière.

Carnaval et ses symboles :

Les batailles de confettis : les traditionnelles batailles de confettis ne sont que la survivance de l’antique usage de répandre des graines de céréales et de riz, rites de fécondité qui subsistent dans certaines cérémonies de mariage.

Le feu : au terme des célébrations, il faut valoriser le rite : les péchés et les ténèbres de l’hiver sont livrés au feu purificateur. Dans diverses régions, des représentations parfois gigantesques sont livrées aux flammes comme on le voit pour les rites celtes.

Le masque : l’origine des masques se perd dans la nuit des temps, mais elle est incontestablement sacrée, et on en trouve chez tous les peuples de la terre. Autrefois les masques avaient pour but de montrer un autre visage et non de cacher celui qui le portait : il permet montrer une autre personnalité sous une autre apparence, de déguiser sa propre réalité, d’augmenter au maximum la distance entre sa vie intérieure et son activité extérieure, de créer une personne superposée à la sienne. Mais le masque est aussi symbole de renaissance et survie du défunt dans l’au-delà. Aussi l’homme a été amené à associer le masque à des communications avec d’autres mondes. L’église a longtemps interdit l’usage de masque : il était jugé offensant pour Dieu qui avait fait l’homme à son image.

V- Pâques

Date de célébration : fête mobile célébrée entre le 22 mars et le 25 avril. Depuis le Concile de Nicée, en 325, la date de Pâques est fixée au dimanche qui suit le 14ème jour de la nouvelle lune tombant après le 7 mars.

Signification chrétienne : la fête de Pâques commémore la passion et surtout la résurrection du Christ : par sa mort et sa résurrection, Jésus Christ libère l’homme de l’esclavage du péché et de la mort. Selon les écritures, il fut arrêté le soir de la Pâque juive, après l’avoir célébrée avec ses disciples, repas que l’on nomme chez les chrétiens la Cène. Pâques est précédée d’une période de jeûne (le carême) et suivie de sept semaines de réjouissances (le temps pascal) que clôturent la pentecôte.

L’emprunt à la Pâque juive : s’il s’en est démarqué par la suite, il ne faut pas oublier que le christianisme est né dans le judaïsme et en a conservé une série de rites et les fêtes mobiles liées aux particularités du calendrier juif. La fête de Pâques chrétienne est de toute évidence une émanation de la Pâque juive (Pessah). La Pâque Juive commémore la libération du peuple juif de l’esclavage qu’il subissait en Égypte, tel qu’il est relaté dans le livre de l’Exode. Sous la protection divine et la direction de Moïse, les Juifs sont passés de l’humiliation de servir Pharaon à la gloire de servir Dieu. Dans la Torah, Dieu annonce le dixième fléau va frapper les Egyptiens : Moïse donne alors l’ordre d’immoler la pâque et avec son sang de badigeonner les montants et le linteau des portes : ce sang autour des ouvertures était le signe qui allait permettre à Dieu de reconnaître et d’épargner les Hébreux. La Pâque est donc devenue la célébration de la libération du peuple hébreu d’Egypte : c’est ensuite la traversée de la mer Rouge qui sépare le pays de la servitude de la terre promise. Cette fête commémore le passage de l’esclavage à la liberté : c’est la renaissance du peuple d’Israël. Aux approches de l’ère chrétienne la célébration de Pâque, le 14 Nizan (pleine lune du premier mois lunaire du calendrier juif, ce qui en fait une fête mobile), apparaissait comme une fête à la fois du "renouveau" - la vie triomphant sur la mort - et du "passage de Dieu" qui sauve son peuple de l’oppression, le faisant "passer" de l’esclavage à la liberté. Aujourd’hui le "Seder", cérémonial domestique juif de la nuit de Pâque vise en grande partie à soutenir la curiosité et l’intérêt des petits enfants au récit de l’Exode. Chaque juif, du plus jeune au plus ancien, est appelé à "faire mémoire" de cette libération c’est-à-dire qu’il doit se considérer comme sortant lui-même de l’esclavage, et à rendre grâces à Dieu qui le libère. Aux premiers temps du christianisme, les fidèles continuaient à suivre les coutumes juives, tout en donnant aux fêtes une signification nouvelle. Ainsi, l’immolation de l’agneau devenait le symbole du sacrifice de Jésus et de son sang versé non pas pour le peuple élu, mais pour l’ensemble des hommes. A partir du IVème siècle, les différentes communautés chrétiennes instaurèrent des rites propres, ceux que nous connaissons actuellement.

Fête liée aux peuples nomades : mais la fête de Pâques plonge ses racines dans la nuit des temps. Les peuples de pasteurs nomades, liés au rythme de la nature fêtaient l’agnelage au printemps. La célébration avait lieu lors de la pleine lune, elle se déroulait de nuit et réunissait toute la famille. Le père de famille accomplissait le rite du sang à partir de l’immolation d’un animal âgé d’un an. Suivait un repas où la chair de la victime avait été rôtie. Le rite du sang consistait à oindre les montants de l’entrée de la tente avec le sang de la victime en vue de protéger la demeure et ses habitants des puissances hostiles. Avec le rite du repas la célébration avait aussi pour but de remercier la divinité qui accorde la fécondité au troupeau et lui demander sa protection pour l’avenir. Les hébreux ont repris cette coutume sémite.

L’héritage celte : chez les Saxons, on honorait au printemps la déesse Eastre, qui a d’ailleurs donné son nom à Easter (Pâques en anglais).

Pâques et ses symboles

L’œuf : de nombreuses fêtes païennes célébraient la résurrection de la nature symbolisée par l’œuf, porteur d’un germe de vie, de renouveau et de fécondité. Il faut dire que l’œuf est un symbole qui dépasse largement notre civilisation. Pour les égyptiens, les grecs, les phéniciens, les tibétains, les indiens, les vietnamiens, les chinois, les japonais ou encore les indonésiens (et j’en passe...) le monde naquit d’un œuf. Il n’est donc pas étonnant qu’on le retrouve pour célébrer la naissance du printemps. Mais c’est très probablement de l’interdiction faite par l’Église, jusqu’au XVIIème siècle, de consommer des œufs pendant le Carême (soit 40 jours avant Pâques) qu’est née la tradition des œufs de Pâques (l’introduction des œufs daterait du XIIème siècle et les premiers textes y faisant allusion en Europe datent du XVème siècle). Il faut dire que cette période est la période de ponte maximale des poules, et comme on ne pouvait empêcher les poules de pondre, on conservait ces œufs jusqu’à la fête de Pâques, à partir de laquelle il fallait écouler le stock ! Ainsi, on offre des oeufs (pour s’en débarrasser !) : on les peint, on les décore…

Le lapin : il s’emble qu’à l’origine c’était un lièvre. Le lièvre était l’animal emblématique de la déesse celte Eastre et il est resté associé aux fêtes de Pâques. De manière similaire, dans les traditions celtiques et scandinaves, le lièvre était le symbole de la déesse mère.

Les cloches : invention celte, les cloches de bronze servaient déjà aux Gaulois pour annoncer les événements fastes ou menaçants dans leurs communautés. La coutume de faire sonner les cloches est liée à l’habitude très humaine de faire du bruit lorsque c’est la fête ou lorsqu’on a peur. Mais au VIIème siècle, quand 1’Eglise commence à réellement dominer la vie de la cité, elle interdit de faire sonner les cloches en signe de deuil durant les trois derniers jours du Carême, peut-être aussi pour contrer le paganisme des traditions. La légende y ajouta pour les enfants, toujours curieux des irrationalités des adultes, que les cloches retournaient à Rome pour s’y faire bénir par le pape. De plus, la valeur d’exorcisme et de purification d’une cloche est une superstition fréquente dans le monde méditerranéen et asiatique, comme chez les moines bouddhistes actuels. Ainsi, dans la Rome classique, la superstition voulait qu´on fasse tinter une cloche près d’une femme en train d’accoucher pour écarter les mauvais esprits et favoriser une naissance faste . La sonnerie des cloches qui annonçait l’accouchement printanier de la nature annonce, par la suite, la résurrection de Jésus.

L’agneau : dans les diverses civilisations méditerranéennes, le début du printemps est marqué par le sacrifice d’un agneau " pur " d’un an, offrande victime désignée pour assurer le salut du groupe et des individus en espérant la fécondité des troupeaux, comme nous l’avons déjà évoqué pour les sémites. Ce sera le cas, plus tard, chez les Grecs dont le culte de Dionysos passera chez les Romains comme " l’agneau de Bacchus ". Cela reste encore traditionnel aujourd’hui chez les Musulmans comme chez les Chrétiens orthodoxes en Grèce .Cette coutume restera longtemps pratiquée puis symbolisée par les premiers Chrétiens dont certaines sectes représenteront leur Messie sous forme d’une peau d’agneau accrochée à une croix entourée du soleil et de la lune.

VI- La Toussaint et le jour des morts

Date de célébration : Toussaint : 1er novembre. 2 novembre : jour des morts.

Signification chrétienne : c’est une fête catholique (et non chrétienne) en l’honneur de tous les saints du panthéon, c’est-à-dire de la communauté des vivants et des morts. En effet, le "martyrologue" comprenant plus de 40 000 noms et l’année seulement 365 jours, ce jour fut institué par le pape Boniface IV, en 609, pour célébrer les "oubliés" du calendrier. Elle sera appliquée en France et en Allemagne vers 835 par Louis le Pieux. A l’origine, elle est célébrée en mai, on l’a ensuite déplacée au 1er novembre. Le lendemain de la Toussaint se fête la journée des morts. Cette fête des morts apparu à la fin du Xème siècle en France grâce à Odilon, abbé du grand monastère bénédictin de Cluny, qui ordonna que, dans tous les monastères qu’il dirigeait, une messe solennelle soit célébrée le 2 novembre pour "tous les morts qui dorment en Christ". Elle marque le rassemblement de ceux qui sont et de ceux qui ne sont plus, dans l’espérance qu’à la fin des temps, les retrouvailles soient définitives

L’héritage celte : en vérité, Odilon, de nombreux prêtres moines et prêtres convertisseurs ainsi que le pape Grégoire IV avaient le désir de supprimer un ancien usage celtique encore ouvertement pratiqué à cette époque : la fête de Samain. On sait très peu de choses sur la religion des Celtes mais nous savons qu’ils divisaient l’année en deux saisons, l’hiver et l’été. Le premier novembre était une date très importante puisqu’ils fêtaient le début de l’année, la moitié sombre de celle-ci. La fête de Samain (qui signifie en irlandais "affaiblissement" ou "fin de l’été") est donc une fête de passage, la fin de l’été marque le début de l’hiver, le départ d’une nouvelle gestation. Samain était le nouvel an celtique, le début de toutes choses, et sur le plan mythologique le moment où s’étaient produits les grands événements cosmiques, le moment où avait lieu le meurtre rituel et symbolique du roi et son remplacement. Cette fête donnait lieu à des rassemblements, des jeux, des joutes, des cérémonies liturgiques très importantes et des festins où l’ivresse était de rigueur... Samain était aussi la fête des morts, ou plus exactement de la communication entre les vivants et les morts. Ainsi cette nuit, les tombes sont ouvertes et le monde visible et invisible communiquent : les habitants de l’Autre monde peuvent faire irruption sur la surface de la terre, et les humains peuvent s’engager dans le domaine des dieux, des héros et des défunts. Les Druides croyaient que les morts revenaient sur terre : ainsi de la nourriture était mise dehors pour les rendre de bonne humeur, des feux étaient allumés et on effrayait à grands bruits les mauvais esprits. Les druides se déplaçaient de maison en maison et réclamaient des offrandes (treat= présent) pour leur dieu. En cas de refus, ils proféraient des malédictions de mort (trick= malédiction) sur cette maison. Comme ils sévissaient de nuit, ces prêtres de Samain s’éclairaient avec de gros navets évidés et sculptés en forme de tête de mort où brûlait une bougie. Cette conception des relations entre morts et vivants a perduré très longtemps. Au XIXe siècle, des immigrants irlandais amènent la coutume aux Etats-Unis. On y remplace alors le navet par la citrouille, mieux adaptée à la macabre sculpture. Aujourd’hui, la fête de Halloween, importée des USA, est devenue, dans le monde entier, l’une des plus importantes fêtes commerciales.

L’héritage romain : dès le Ier siècle avant JC, à Rome, le culte le plus populaire est celui d’Isis. Du 29 octobre au 1er novembre, se déroule l’ "Inventio" d’Osiris, jours de jeûne et de lamentations où Isis cherche le corps démembré de son époux Osiris. De nombreux rites funéraires finissent dans la joie quand le corps du dieu est retrouvé et ressuscité. C´est la forme romanisée des multiples cultes solaires d´origine orientale. Au fil du temps, l’assimilation se fera entre les fêtes du soleil-dieu et celles des empereurs voulant être le dieu de la cité. Le 1er novembre deviendra la fête du César en place et fête de la ville de Rome. Plus tard, au VIIème siècle, apparaîtra dans le calendrier, un St Césaire, sans aucune trace historique, patron de la ville de Rome, mais dont la légende garde la notion d’un meurtre rituel. Il aura son oratoire au Palatin, dans le palais des empereurs, sera fêté le 1er novembre et aura une 2ème fête dans l’année, le 21 avril, dont la tradition fait l’anniversaire légendaire de la fondation de Rome par Romulus. Le 1er novembre restera la St Césarien à Rome jusqu’au XVIème siècle malgré l’institution papale de la Toussaint survenue entre-temps. La fête des morts avait aussi son équivalent à Rome, mais c’est le 22 février que les Romains célébraient les défunts de chaque famille (cf les Parentalia). La coutume voulait que l’on apporte des offrandes (végétales) sur les tombeaux, pour apaiser les Mânes des ancêtres. Ces offrandes, qui pouvaient être très modestes, devaient s’accompagner de prières et de formules, selon un rituel soi-disant instauré par Énée pour honorer le Génie de son père Anchise. Durant ces jours impurs réservés aux morts, il est interdit de contracter des mariages, d’ouvrir les temples des dieux et de faire d’autres sacrifices ; cette période s’étend sur neuf jours, et le dernier est le jour des Feralia. Pour déraciner cette célébration, ou plutôt la christianiser, la fête solennelle de l’apostolat de saint Pierre fut fixée à cette date. Les rites liés au culte des morts furent cependant particulièrement difficiles à extirper. L’antique repas funèbre du 22 février perdure en Occident jusqu’au XIIème siècle au moins et bien plus tard chez les orthodoxes.